Bienvenue dans mon univers où jeux vidéo, chats, créativité et chaos TDAH se croisent ! Je suis Myzra, passionnée de tricot, de lectures et d'écriture spontanée. Ici, je partage mes défis, mes projets et mon quotidien avec humour et bienveillance.
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Au début, ce n’était qu’une plante parmi d’autres...
On la croyait inoffensive, voire insignifiante. L’ambroisie. Un nom de salade bio ou de tisane apaisante. En réalité, c’était une machine de guerre chlorophyllienne, une entité militaire déguisée en mauvaise herbe. Mais ça, personne ne l’a vu venir.
Enfin, sauf Bernard.
Bernard était allergique à tout. Aux chats, aux pollens, à sa belle-mère et, semble-t-il, à l’existence en général. Dès mai, il se transformait en fontaine humaine. À peine ouvrait-il la fenêtre que son visage se décomposait en un mélange de larmes, d’éternuements et d’indignation nasale. Mais en 2028, quelque chose changea.
— C’est pas normal, cria-t-il en direct sur Radio Causette, une station locale où les gens s’énervent sur tout. Même mon médecin a éternué. C’est la fin des haricots !
Il avait raison.
Des drones de surveillance repérèrent une multiplication exponentielle de la plante sur tout le territoire. Les satellites montraient des nappes vertes se déployant comme des armées en marche. L’ambroisie ne se contentait plus de pousser : elle colonisait. Chaque parking abandonné devenait une base. Chaque talus, une tranchée.
Le gouvernement tenta d’intervenir. Plan "Pollen Zéro", mobilisation générale. Les citoyens reçurent des sécateurs gratuits, un guide de survie et un tee-shirt floqué "Je lutte, donc j’éternue".
Mais l’ambroisie résistait.
Pire : elle mutait.
Un biologiste, le professeur Langlois, affirma qu’elle avait développé une conscience collective. "Elle sait. Elle apprend. Elle nous écoute", marmonna-t-il avant de disparaître mystérieusement, les poches pleines de graines.
Les humains durent s’adapter.
Les écoles fermèrent en juin. Les entreprises passèrent en télétravail intégral. Le Tour de France devint une épreuve virtuelle où les cyclistes pédalaient depuis leur salon, masqués, avec des ventilateurs Dyson en guise de vent de montagne.
On tenta des solutions radicales.
— Et si on introduisait un prédateur naturel ? proposa un lobbyiste passionné d’iguanes.
L’idée fut testée. Les iguanes devinrent obèses et totalement accros à la feuille d’ambroisie, au point d’en planter eux-mêmes avec leurs petites griffes. L’opération fut classée "échec cuisant".
À la télé, on remplaça les bulletins météo par des bulletins polliniques :
"Demain, une tempête de pollen de niveau 8 est attendue sur l’ensemble du pays. Évitez de respirer."
Bernard, lui, se fit construire un bunker hermétique, équipé d’un purificateur d’air suisse, d’un stock de médicaments, et d’un assortiment de fromages. Il écrivait des chroniques sur son blog : "Journal d’un allergique en milieu hostile". Il devint une sorte de gourou underground, suivi par des millions de personnes.
Puis, un matin, tout changea.
Les plantes cessèrent de pousser. Pas seulement l’ambroisie : tout. Les tomates, les pins, les courgettes. Silence végétal. L’ambroisie, elle, restait verte, vaillante, triomphante.
Le message était clair : c’était elle, ou nous.
On signa un armistice.
Les Nations Unies reconnurent l’Ambroisie comme "Entité Souveraine Non-Humaine". Un drapeau fut conçu : vert sur vert, avec une feuille dentelée. Son hymne ? Un long éternuement synthétisé, joué chaque 15 août, devenu Jour de la Pollenpendance.
Aujourd’hui, les humains vivent en intérieur. Les enfants apprennent à reconnaître l’ambroisie dès la maternelle, comme on apprenait jadis à reconnaître les lettres. Dans les écoles, on ne parle plus de "printemps", mais de "saison de domination végétale".
Et Bernard ? Il a été recruté comme conseiller diplomatique pour la République Florale. Il négocie des traités depuis sa chambre pressurisée, entre deux éternuements.
Il dit souvent :
— Je vous l’avais dit.